vendredi 24 septembre 2010

Tous un peu belges!!!

Les Viromanduens, cités pour la première fois par César dans La guerre des gaules, sont un des nombreux peuples Belges d’origine germanique ayant franchi le Rhin au cours de l’Antiquité. Ils se sont fixés dans ces lieux à cause de la fertilité des sols, chassant les habitants gaulois. Ils s’établissent en oppidum sur le site de l’actuel village de Vermand.

Les Romains remplacent l’oppidum par la cité appelée : « Augusta Viromanduorum ». Le terme d’Augusta donne une indication de la date de fondation de la cité : en effet, à partir du principat (27 avant notre ère) les cités nouvellement fondées prennent souvent le nom du Prince responsable de la déduction (on dit qu’une cité est déduite, c'est-à-dire que l’on entend un déplacement des populations autochtones à l’extérieur du territoire de la cité créée) ; ici il semblerait que la fondation d’Augusta Viromanduorum soit l’initiative d’Auguste ; elle a donc été fondée entre 27 avant notre ère et 14. La cité se développe en (Gaule) Belgique, à un carrefour commercial entre des voies romaines allant jusqu’à Boulogne, Amiens, Reims, Soissons, Cambrai. A partir du règne d’Auguste, les fondations de cités ont toujours un rôle stratégique, avec des implantations qui permettent par exemple de contrôler les routes (c’est il semblerait le cas ici).

La cité devient Saint-Quentin au Moyen Age, en mémoire du martyr Quintinus, martyrisé (vers 303?). Elle devient rapidement un lieu de pèlerinage, qui attire de nombreux pèlerins voulant admirer les reliques (découvertes vers 640?), un important monastère se développe et la cité est rebaptisée (en 840?).

Les origines du pouvoir Thaumaturge

La guérison des écrouelles a une origine populaire. Son histoire naît dans la région comprise entre Laon, Soissons et Reims, au cœur de la puissance capétienne. Elle mêle étroitement une histoire de saints, de loup et de roi.

Il existait à Corbeny, près de Laon, depuis le haut Moyen Age, des guérisons miraculeuses que prodiguait saint Marcoul aux malades atteints de ganglions ou scrofules.
On racontait aussi que les derniers rois carolingiens étaient morts déformés par cette maladie des glandes du cou, signe de la déchéance de leur dynastie. En effet, Louis IV d'Outremer, alors qu'il se rendait à cheval de Laon à Reims, avait rencontré dans la forêt un loup qu'il avait tenté de poursuivre, en vain, et qui lui avait donné cette maladie qu'on appelait aussi le mal du loup.
A la fin du XIe siècle, un saint homme, Arnoul, avait lui aussi rencontré ce loup dans la forêt. L'animal l'avait conduit jusqu'au monastère Saint-Médard, à Soissons, pour qu'il y devienne abbé.
Mais Arnoul était aussi un devin. C'est à lui que Philippe Ier, âgé de 30 ans et inquiet de ne pas avoir de fils, se remet pour obtenir de Dieu une descendance mâle. Arnoul lui fait alors la prédiction suivante : "La reine Berthe porte un fils en son sein qu'au baptême elle appellera Louis et qui, après sa mort, tiendra le royaume de France." C'est le futur Louis VI qui, d'une certaine façon, est une créature d'Arnoul, l'ami du loup.

Il est donc logique que les Capétiens deviennent, à l'inverse des Carolingiens qui ont été victime de la maladie, et parce qu'ils appartiennent à une dynastie choisie par Dieu, les guérisseurs des hideuses écrouelles.

Le miracle royal des rois thaumaturges n'est pas une construction élaborée par la hiérarchie de l'Eglise, ni même par la royauté. Il est né de croyances populaires, qui fondent une monarchie populaire.

En terre bretonne...

J'étais il y a quelque temps à la BU de Nantes et je travaillais sur un recueil des Actes de Charles de Blois, duc de Bretagne de 1341 à 1364. Et quelle ne fut pas ma surprise quand je tombai sur une lettre du duc qui conférait aux habitants de Guise un nouveau cimetière pour remplacer celui du château!
Puis d'autres lettres sur Marly, Wadencourt, Englancourt, Wassignies, Cambrai, Noyon, Saint-Michel en Thiérache, Ribemont...
Et oui il semblerait qu'au XIVème siècle toutes ces terres et surement bien d'autres appartenaient au duc de Bretagne!

Mais où est donc passé le Donjon de Coucy?

                                                   Carte postale du début du XXe siècle
Beaucoup se demandent peut être comment et pourquoi un donjon si gigantesque et si magnifique est aujourd'hui détruit...(54m de hauteur, 7,5m d'épaisseur de murs à la base, 31,25m de diamètre -un des plus grands d'Europe-)
Et bien durant la retraite allemande de 1917, les troupes allemandes pour ralentir les Français dans leur reconquête, choisissent le 27 mars, de dynamiter le donjon de Coucy (il a fallu 28 tonnes d'explosifs!!!)pour obliger les Français à contourner Coucy et ainsi leur faire perdre un temps précieux...

"Souviens toi du vase de Soissons!"

 Enluminure issue des Grandes Chroniques de France, XIVe siècle, Bibliothèque Nationale.
C'est une anecdote évoquée par Grégoire de Tours suite à la bataille de Soissons en 486.
Après la victoire, Clovis rassemble le butin de la guerre.Selon le droit de la guerre : le chef n'a pas de priorité, tout doit être réparti équitablement.Clovis a précédemment pris un vase (soit disant car un évêque le lui avait demandé). Un de ses guerriers proteste et brise le vase au nom du partage équitable. (là l'erreur historique est envisageable car bien souvent les vases liturgiques étaient en métal...à voir!...).Au printemps suivant, au début de la saison de la guerre, à la revue des troupes : Clovis s'approche de ce guerrier et lui fracasse le crâne en lui disant : "Souviens toi du vase de Soissons", au moment où ce dernier se baisse pour ramasser ses armes, que Clovis avait jeté à terre en prétextant un mauvais entretien.
L'événement montre bien que les rois mérovingiens n'avaient d'autorité qu'en temps de guerre, car il a du attendre le retour de la période de guerre pour agir!